La plupart des élèves découvrent les pédales dès leurs premières leçons, puis les utilisent souvent pendant des années par habitude plutôt qu'à l'oreille. C'est dommage, car les trois pédales ne sont pas de simples réglages de volume : elles font partie de l'interprétation, tout aussi expressives que le doigté ou le tempo. Voici comment je les explique à mes élèves, et comment vous pouvez commencer à les écouter plus attentivement dans votre propre pratique.
La pédale forte (pédale droite)
Elle soulève tous les étouffoirs des cordes, permettant aux notes de résonner et de se mélanger. C'est la pédale la plus utilisée, et la plus mal utilisée. Pour un changement de pédale legato : appuyez, maintenez, puis ne relâchez et ne réappuyez qu'au moment exact où la nouvelle harmonie arrive, jamais en même temps que la nouvelle note, sinon les deux sonorités se mélangent. Une erreur fréquente consiste à garder la pédale enfoncée sur toute une phrase sans tenir compte des changements d'harmonie, ce qui donne un son brouillé. Conseil pratique : jouez d'abord un passage sans pédale, décidez précisément quelles harmonies doivent se fondre et lesquelles non, puis ajoutez la pédale de façon délibérée.
La pédale una corda (pédale gauche)
Sur un piano à queue, elle déplace tout le mécanisme sur le côté afin que les marteaux ne frappent qu'une seule corde par note au lieu de deux ou trois (d'où le nom « une corde »). Cela change la couleur du son, pas seulement son volume : un son vraiment différent, plus fin et plus voilé, utile pour apporter une couleur particulière dans un passage calme, pas simplement chaque fois que la partition indique « piano ». Sur un piano droit, elle fonctionne différemment (les marteaux se rapprochent des cordes), l'effet y est donc surtout lié au volume. Conseil pratique : jouez la même phrase douce avec puis sans la pédale, et écoutez la différence de couleur, pas seulement de volume.
La pédale sostenuto (pédale centrale)
La moins utilisée, et la plus mal comprise. Elle ne prolonge que les notes déjà tenues au moment où on l'enfonce ; tout ce qui est joué ensuite n'est pas affecté. On la retrouve souvent dans le répertoire français (Debussy, Ravel) pour tenir une note de basse ou une pédale d'harmonie pendant que les mains jouent des figures claires, sans pédale, au-dessus. De nombreux pianos droits n'ont pas de vraie pédale sostenuto (il s'agit souvent d'une simple pédale d'étude ou de sourdine) : cela vaut la peine de vérifier sur votre propre instrument.
Vous vous entraînez chez vous ?
GoPractice écoute pendant que vous jouez et suit la régularité du rythme et du son entre les leçons — un bon compagnon pour ce type de travail de détail.
Essayer GoPracticeTravailler les changements de pédale consciemment
Considérez les changements de pédale comme faisant partie de votre doigté, et non comme un détail secondaire : notez-les sur la partition si nécessaire, travaillez un passage assez lentement pour entendre précisément quand la pédale se lève et retombe, et utilisez la « demi-pédale » — une levée partielle — pour les endroits qui ont besoin d'un peu de liaison sans accumulation complète de résonance. C'est une compétence plus subtile qu'il n'y paraît, et il vaut la peine d'y revenir même sur d'anciennes pièces, pas seulement les nouvelles.
Une utilisation réfléchie de la pédale est l'un des moyens les plus rapides de rendre un morceau plus musical, et c'est précisément ce genre de détail que nous travaillons ensemble en leçon.
Envie de travailler cela ensemble ?
La pédale s'enseigne bien plus facilement à l'oreille, en personne, qu'elle ne se décrit dans un article. Si vous êtes à Zurich, je serai heureux de le travailler avec vous.
Réserver un cours